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Afrique du Sud, Abu Dhabi, Europe, Australie, Nouvelle Zélande, Bermudes, Chine, Usa, Japon, Korée…..

Les manches de Coupe du Monde et WTs se déroulent majoritairement vers des destinations de voyages de noces, sur des routes sécurisées et des organisations rodées. Nos athlètes vivent à fond cette opportunité de pouvoir pratiquer ce sport à travers le monde et découvrir ces pays. C’est le fruit du travail quotidien et de nombreux sacrifices depuis de nombreuses années.
Ils sont par contre à des années lumières de la F1 en terme de logistique. On entend régulièrement les journalistes et les staffs débattre des impacts de déplacements , des décalages horaires ou du climat pour les footballeurs lors d'un grand tournoi ou même lorsque qu'un club joue un match en Coupe d'Europe!

Le Triathlète , lui il passe du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest. Il doit continuer à trouver une piscine, des routes d'entraînements sur place. Il n’est pas toujours accompagné. Il est un vrai multi tools ( mécano, cuisinier, psychologue pour son équipier ... ) Le triathlon c’est donc presque la vie de Château. Nous devons garder cela à l'esprit lors de chaque départ d'un triathlète sur une course.Nous avons pu nous entretenir avec Noah Servais qui a enchaîné 2 compétitions en Océanie Australie et Nouvelle Zélande pour en savoir plus sur le trip Belgique- Australie- Nouvelle Zélande- Belgique.

Noah comment s'est passé ce voyage en 2 temps?

" La première course avait lieu pour Erwin et moi en Australie. Cette première épreuve de mon calendrier se déroulait donc avec un autre athlète LBFTD. Nous logions ensemble et c'est donc important de bien se connaitre afin de vivre en harmonie sur place. J'étais pour ma part satisfait de cette première course. Nous sommes bien sortis de l'eau. Sur le vélo, c'était très nerveux et nous sommes restés à deux en fin de groupe. Nous sommes partis à pieds avec Erwin mais il a préféré stopper . Je termine 34 ème et j'espérais pouvoir monter en puissance lors de la manche suivante 15 jours plus tard.

Lors de cette course , Erwin a malheureusement du abandonner suite à une douleur à la cheville lors de la sortie natation. Il est rentré directement à l'appartement pendant que moi j'étais au décrassage. Il est normal dans ce genre de situation de laisser l'autre dans sa réflexion avec ses proches au téléphone. Dans un second temps, on essaie de lui changer les idées . C’est évidemment frustrant de faire un si long voyage et de rentrer bredouille. Il était vraiment très déçu! Erwin ne t'accompagnait donc pas en Nouvelle Zélande? " Non , c'est seul que j'ai repris un vol direction New Plymouth. Une longue journée de déplacement de Brisbane vers Auckland puis New plymouth. Nous étions 11 athlètes dans ce même vol. "

2 semaines seul , à l'autre bout du monde, comment se déroule la logistique?

" Dans mon cas , comme pour d'autres, l'organisation propose des logements chez l'habitant. Il s'agit de familles qui connaissent le triathlon et sont désireuses d'accueillir un ou des athlètes. J'étais logé chez la famille Ramage ( les parents et deux enfants) . Ils accueillent régulièrement des triathlètes chez eux. Ils ont accueilli par exemple Henri Schoeman ( médaille de Bronze au JO de RIO ). J'ai donc partagé 2 semaines avec cette famille. Ils sont aux petits soins pour les athlètes. On partage la vie de famille, les repas. C'est un expérience de vie.

 

Sur place, j'ai voulu pousser encore une semaine de volume car j'en avais besoin mentalement. Je prend énormément de plaisir à m’entraîner et cela m'apporte beaucoup de confiance. J'ai avalé près de 33h la première semaine pour un peu moins de 20h la seconde semaine.

Noah Servais
Mer

Peux tu nous expliquer les obligations d'avant course?"

Il y a tout d’abord le briefing qui pour cette course était le vendredi. Cela ne dure pas très longtemps 15 à 30 min: Le temps de s'inscrire et écouter le briefing. Nous devons être attentif à l'heure: Un retard c'est 10 secondes de pénalité au départ (nous devons nous élancés dans l'eau 10 secondes après la masse et c'est donc un sacré désavantage). Ensuite, nous avons les reconnaissances des parcours la veille de la course ( vélo / natation). En vélo, c'est encadré par des véhicules des autorités locales à l'avant et l'arrière qui ferme la circulation. Il y a des parties de parcours qui sont parfois impossible à prendre en dehors de la reconnaissance car c'est piéton ou fermé au public. A New Plymouth, la particularité était que la reco s'est déroulée à 7h du matin ( il faisait encore nuit) pour éviter de bloquer trop la circulation. En natation, nous avons un horaire de reconnaissance, ici c'était de 12h à 13H.

Départ natation

“D-day, après cette longue transition entre l'Australie , la famille Ramage et les obligations: expliques nous ta course!

 

" La course avait lieu à 13H15 ( 01H15 du matin en Belgique) . Je suis extrêmement satisfait de ma 24 ème place. J'avais le dossard 56 sur 66 athlètes au départ. Le dossard est attribué suivant le ranking Mondial et a un impact sur le placement lors du départ natation. J'étais donc dans les derniers à me placer. La natation fut un peu chaotique: Il y avait de nombreux petits groupes. Après quelques kilomètres en vélo, la situation est plus limpide et je suis dans le 3 ème groupe. Je prend mes responsabilités en prenant des relais appuyés . Le circuit local ( 4 boucles avec une bosse pour 250m D+ sur 20 km) a fait le ménage! Je dépose avec plus ou moins 15 athlètes à 30 secondes du premier groupe ( 20 athlètes) . A pieds, je parcoure les 5km en 15min 45 secondes. J'ai pu emmagasiner de la confiance sur cette manche.En effet, j'ai participé activement à la chasse sur la partie vélo, ce qui est très gratifiant quand je vois les athlètes qui ont lâché du groupe. A pieds, je ne me suis pas laissé déborder. J'espère vraiment pouvoir revendiquer quelque chose à Lausanne qui est mon objectif et continuer à gagner des places en Coupe du Monde. “